Risques liés au tabagisme passif
  • L’exposition passive de 1 à 7 heures par semaine à la fumée de tabac augmente le risque d’infarctus du myocarde de 25 %.
  • L’exposition passive plus de 21 heures par semaine à la fumée de tabac augmente le risque d’infarctus du myocarde de 60 %.
  • Le risque attribuable au tabagisme passif supérieur à 1 heure par semaine est de 15,4 %.

 

(étude réalisée à partir de 12 133 patients hospitalisés pour infarctus du myocarde en phase aiguë et 14 435 témoins hospitalisés appariés par âge et sexe, inclus à partir de 52 pays (Asie, Europe Centrale, de l’Ouest et de l’Est, Afrique, Australie, Moyen-Orient, Amériques du Nord et du Sud), les cas inclus ne devant présenter ni pathologie chronique sous-jacente, ni choc cardiogénique ; l’analyse statistique comprend une analyse de covariance, univariée, une régression logistique et un ajustement sur les autres facteurs de risque cardio-vasculaires (cholestérol, antécédent familial, alcool, nutrition)).

 

KK Teo, S Ounpuu, S Hawken, MR Pandey, V Valentin, D Hunt, R Diaz, W Rashed, R Freeman, L Jiang, X Zhang, S Yusuf, INTERHEART Study Investigators Tobacco use and risk of myocardial infarction in 52 countries in the INTERHEART study: a case-control study.

 

Lancet 2006 ; 368 : 647-58.

A l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, célébrée le 31 mai 2007, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a rappelé qu'il est urgent que les pays bannissent à 100% la fumée de tous les lieux publics et de travail fermés.



Car à côté de l'impact majeur du tabagisme sur la santé des fumeurs et ce que cela coûte à la société, il est tout aussi alarmant de constater que des centaines de milliers de personnes qui n'ont jamais fumé meurent chaque année de maladies dues à l'inhalation de la fumée des autres.


"Il est évident qu'il n'existe pas de niveau d'exposition sans danger à la fumée secondaire", a déclaré Margaret Chan, directeur général de l'OMS. "De nombreux pays ont déjà pris des mesures. J'invite tous ceux qui ne l'ont pas encore fait à agir sans tarder pour protéger la santé de tous en adoptant des lois exigeant que tous les lieux de travail et les lieux publics fermés soient à 100% sans fumée", a-t-elle ajouté.


La fumée du tabac contient environ 4’000 substances chimiques connues ; plus de 50 d'entre elles sont cancérogènes. Le tabagisme passif provoque des cardiopathies et de graves maladies respiratoires et cardiovasculaires susceptibles d'entraîner des décès prématurés chez les adultes. Il provoque aussi des maladies et aggrave des affections déjà existantes, comme l'asthme, chez les enfants.


Les nouvelles recommandations de l'OMS se basent sur les données de trois rapports récents qui arrivent tous à la même conclusion :


Le tabagisme passif existe partout où il est permis de fumer : foyers, lieux de travail et autres lieux publics. On estime que 200’000 travailleurs meurent chaque année des suites de tabagisme passif au travail. L'OMS estime qu'environ 700 millions d'enfants, soit près de la moitié des enfants du monde, respirent de l'air pollué par la fumée du tabac, surtout à la maison.


(monographie 83 du Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), intitulée Tobacco Smoke and Involuntary Smoking)

(rapport du Surgeon General des Etats-Unis d'Amérique intitulé The Health Consequences of Involuntary Exposure to Tobacco Smoke

(Environmental Protection Agency de Californie intitulé Proposed Identification of Environmental Tobacco Smoke as a Toxic Air Contaminant).


L’introduction récente de législations protégeant contre l’exposition au tabagisme passif constitue une preuve de ce risque.

 

  • Dans la ville d’Helena (Montana), l’interdiction de fumer pendant quelques mois a permis de diminuer les admissions aux urgences pour infarctus du myocarde (Sargent RP, Shepard RM, Glantz SA : Reduced incidence of admissions for myocardial infarction associated with public smoking ban: before and after study. BMJ 2004 ; 328 : 977-80. 
  • Ceci a été confirmé par l’étude de Pueblo, où une chute de 27 % des admissions pour infarctus du myocarde a été observée après interdiction de fumer dans les lieux publics (Bartecchi C, Alsever RN, Nevin-Woods C, Thomas WM, Estacio RO, Bartelson BB, et al. : Reduction in the incidence of acute myocardial infarction associated with a citywide smoking ordinance. Circulation 2006 ; 114 : 1490-6.
  • Cette réduction du risque a été confirmée au Piémont, en Italie, où après une interdiction de fumer dans les bars, restaurants et discothèques, une baisse de 11 % des admissions pour infarctus du myocarde a été enregistrée (Barone-Adesi F, Vizzini L, Merletti F, Richiardi L : Short-term effects of Italian smoking regulation on rates of hospital admission for acute myocardial infarction. Eur Heart J 2006 ; 27 : 2468-72).



43,9% des étudiants âgés de 13 à 15 ans, dans 132 pays, sont exposés à la fumée secondaire à leur domicile et 55,8% le sont dans des lieux publics. L'interdiction du tabac dans les lieux publics est plébiscitée par les jeunes interrogés dans le cadre de cette enquête, qui se prononcent à 76,1% en sa faveur.


(Enquête mondiale sur le tabac chez les jeunes, menée par l'OMS et les Centers for Disease Control and Prevention des Etats-Unis d'Amérique (CDC), entre 1999 et 2005, sur des étudiants âgés de 13 à 15 ans, dans 132 pays).


Les coûts engendrés par le tabagisme passif ne se limitent pas à la morbidité qu'il provoque. Il entraîne également des coûts pour les individus, les entreprises et la société dans son ensemble. Il s'agit surtout de coûts médicaux directs et indirects, mais aussi de pertes économiques.


Les lieux de travail où il est permis de fumer sont plus chers à rénover et à nettoyer et présente un risque d'incendie plus élevé. Ils arrive qu'ils soient soumis à des primes d'assurance plus élevées.


Partout dans le monde des organisations, des institutions et des collectivités célèbrent la Journée mondiale sans tabac en organisant diverses activités telles que marches, conférences éducatives et séminaires de renoncement au tabac,
afin de mieux sensibiliser le public aux conséquences sanitaires mortelles du tabagisme passif.


L'utilisation du tabac, qui fait plus de cinq millions de morts par an, est la principale cause de mortalité évitable sur le plan mondial. Le tabagisme continue à progresser rapidement dans le monde en développement, où se produisent actuellement plus de la moitié des décès liés au tabac. D'ici 2030, si la tendance actuelle se maintient, 8 décès liés au tabac sur 10 surviendront dans le monde en développement.

 

Source : Nations unies, New York, mai 2007.