La cigarette électronique pour s''arrêter de fumer ?

Avec des taux d'arrêt du tabac voisins des patchs nicotiniques (aux alentours de 6% contre 8%), la cigarette électronique inquiète les fabricants de substituts nicotiniques. Pourtant, ces outils sont plus complémentaires que rivaux, car ne fonctionnant pas de la même manière, ils ne concernent pas les mêmes populations ! Alors, pour qui le patch ? Pour qui la cigarette électronique ?

Comment fonctionne le patch pour arrêter de fumer ?


Aspect biologique :


En délivrant de la nicotine en continue tout au long de la journée (et à des doses de moins en moins fortes), le patch désensibilise l'organisme au besoin en nicotine, et donc en cigarette.

La délivrance continue de nicotine permet en effet de sortir de la nécessité absolue de "recharge" en nicotine, suite à la baisse de celle-ci dans le sang dans l'heure, voire la demie heure qui suit la dernière cigarette. Tandis que la baisse progressive du dosage en nicotine permet la multiplication des récepteurs de l'organisme à la nicotine de manière à redevenir sensible à la synthèse naturelle de l'organisme en nicotine.

Plus précisément, la saturation des récepteurs nicotiniques au niveau des circuits cérébraux de la récompense (impliqués dans la prise de plaisir et dans l'anticipation de cette sensation) permet de ne plus ressentir la tension liée au manque de nicotine lors de l'arrêt du tabac. Elle diminue aussi le manque d'envie (par manque de plaisir anticipé) que nourrit l'arrêt du tabac. Elle diminue donc la "déprime" liée à l'arrêt du tabac.


Aspect comportemental :


Comme le patch délivre la nicotine à travers la peau (et non par inhalation), il permet aussi d'amorcer fortement le sevrage vis à vis du geste tabagique (rituel d'attraper, d'allumer, de tirer sur, d'inhaler, de recracher en fumée… sa cigarette). Si bien que lorsque le fumeur au bout d'1 semaine, 3 mois, 6 mois… selon la durée de prescription, arrête le patch, il est en très grande partie sevré en nicotine et en partie du geste tabagique. Ce qui augmente sérieusement ses chances d'arrêt définitif. C'est donc, pour beaucoup de dépendant physique à la nicotine la voie royale.


Comment fonctionne la cigarette électronique pour arrêter de fumer ?


Aspect biologique :


A l'inverse, la cigarette électronique ne sort pas directement du système de stimulation par à coups. Elle délivre la nicotine à la demande, quand le fumeur le souhaite, créant des pics de nicotine dans le sang, des pics de sensation de plaisir (et donc de la dépendance), de la même manière que la cigarette. Elle permet aussi de baisser le taux de nicotine progressivement jusqu'à zéro. Mais, à la différence du patch, il est possible de continuer le geste tabagique alors qu'il n'y a plus de nicotine dans le liquide de la cigarette électronique !


Aspect comportemental :


En effet, la cigarette électronique ne sèvre pas du geste tabagique. Il n'y a finalement que le goût, le toucher et la vue qui diffèrent. Ce qui constitue une première étape plus douce dans le sevrage. Après, il est possible de diminuer progressivement le taux de nicotine jusqu'à zéro, pour ne conserver que le geste, le plaisir d'inhaler, de se donner le change, comme s'il s'agissait d'une cigarette avec bien sûr, des composants supposés jusqu'à ce jour beaucoup moins nocifs que ceux de la cigarette. Et comme le goût ne donne pas suffisamment le change, à la longue, le fumeur peut décider de finalement lâcher ce substitut. Enfin, ça c'est le scénario idéal ! Car malheureusement, le fumeur peut décider de reprendre des vraies cigarettes pour avoir enfin le vrai goût ! Et c'est là le problème de la cigarette électronique : un ancien fumeur qui déciderait de s'offrir une cigarette électronique pourrait bien se retrouver à reprendre le tabac quelques temps plus tard !


Alors, pour qui le patch ? Pour qui la cigarette électronique ?


Nous conseillons en premier lieu aux dépendants nicotiniques (je teste ma dépendance) le patch. Et s'ils ne le supportent pas (irritation de la peau, allergie), ou si cela les déprime trop de se priver du jour au lendemain de la stimulation nicotinique discontinue, ou encore de se priver du geste, nous leur conseillons alors la cigarette électronique.