Dire NON

Dire NON au tabac, c'est récupérer la possibilité fondamentale de dire NON à ce que l'on ne juge pas bon pour soi. C'est ainsi digérer une partie de son enfance.

 

Car avant de dire OUI, l'enfant d'un an et demi deux ans balise son territoire et sa vie de NON.

 

Dire OUI dire NON au tabac Durant cette période, il n'est pas rare que les parents soient fortement mobilisés par toutes ces séries de NON que le chérubin profère, dès que le désir de ses parents contrarie le sien. C'est qu'il faut pourtant lui apprendre qu'il ne peut pas faire tous ce que bon lui semble ! Il est des choses dangereuses ! Et il faut bien qu'il apprenne à synchroniser suffisamment ses rythmes de vie avec ceux des autres - la liberté des uns commence là où s'arrête celle des autres !

 

 

Car au final, il doit apprendre à suffisamment respecter la LOI, ce qui revient à renoncer à une partie de ses NON.

 

Cependant, devant l'insistance, la ténacité, l'entêtement et l'énergie de l'enfant, il n'est pas rare que certains parents ne tiennent pas suffisamment les limites, ou qu'au contraire ils les appliquent de manière extrêmement brutale - c'est que ce n'est pas facile d'être parent ! Alors, quand on ne nous a pas suffisamment dit NON ou qu'on nous l'a dit de manière trop massive, trop écrasante, il n'est évidemment pas facile de dire NON soi-même et de se dire NON à soi-même. Sans compter que les intervenants sont multiples, les manières de procéder pas aussi caricaturales - il est des NON possibles et impossibles en secteur, jouxtant des NON possibles et impossibles selon les contextes...

 

Mais finalement, ce qui en ressort, c'est que pour pouvoir dire OUI, il faut savoir dire NON. Parce que sans cela, quelle valeur aurait notre OUI. Le NON précède nécessairement le OUI.

 

De même, chaque être humain commence par détruire avant de construire. On épuise le sein maternel ou le biberon avant de donner le sein, d'élever des bêtes, de cultiver la terre et de préparer à manger. On occupe l'attention des parents jusqu'à ce qu'ils n'en aient plus. On mâche ses aliments et les digère avant de bâtir son corps avec. On casse la tour de légo ou de cubes avant de la construire. On quitte ses anciens repères pour bâtir les nouveaux. Et c'est bien ce dont il s'agit avec l'arrêt du tabac : renoncer à, quitter, perdre ses anciens repères liés au tabac, avec le rythme qu'établit le tabagisme dans la journée, les sensations d'apaisement qu'il génère, la certitude que quoi qu'il arrive, il sera toujours possible de fumer. Renoncer au plaisir immédiat, renoncer à un objet de son désir, c'est précisément à ça que l'enfant d'un an et demi dit NON à tout va. Et renoncer à son plaisir immédiat parce qu'il entrave des choses plus essentielles, c'est précisément ça que les parents essaient d'apprendre aux enfants.

 

Pour pouvoir dire OUI, il faut savoir dire NON. Quand on dit non au tabac, au début, on va peut-être dire NON à un peu trop de choses : d'abord des choses auxquelles on ne savait pas dire NON depuis longtemps et qui nous étaient dommageables ; mais aussi des choses auxquelles on dit NON parce qu'on rentre dans une espèce de systématisme, et qu'on joue, tout comme l'enfant dans la période sus-décrite avec ce NON. NON ! SI ! NON - SI - NON ! SI ... Il ne faut pas s'en inquièter plus que ça, parce qu'il est la plupart du temps possible de faire marche arrière, que ça ne dure pas et, qu'à bien y regarder, nous ne savons pas forcément si bien dire NON que ça dans la vie - et donc, comme corollaire, pas si bien dire OUI !